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SAILLIES – MODE D’EMPLOI
Si on est propriétaire d’un des plus grands élevages d’Amérique il est certainement plus facile de faire des choix radicaux pour éliminer les imperfections dans son troupeau et pour arriver à ce sublime animal, le Reproducteur Parfait, que si on est un petit éleveur qui a fait un gros investissement pour lancer son petit troupeau. Soyons clairs, la plupart des gens qui se lancent dans cette industrie - des amoureux qui devraient tout apprendre sur ces bêtes étranges - commencent à une petite échelle, multiplient peu à peu le nombre de leurs animaux et améliorent la qualité générale du troupeau, limitant ainsi les risques d’erreurs et enrichissant leurs connaissances au fur et à mesure ; telle est l’évolution naturelle que l’on a constatée en Amérique et en Australie. Il y a peu de gens qui peuvent se permettre d’acheter d’un coup une cinquantaine de bêtes pour se lancer dans cette grande aventure. Alors, nous débutons dans notre élevage : que faisons-nous ? Il me semble que la pratique habituelle ici en France est d’acheter un mâle et quelques femelles et ‘on y va’. Cette pratique comporte plusieurs inconvénients : le premier et le plus évident est le problème de la consanguinité au bout de deux ou trois ans, et l’on sera obligé de trouver un ou plusieurs autres mâles pour modifier la ligne génétique. Le deuxième point peut être soit un avantage soit un désavantage suivant le but qu’on s’est fixé ; avec un mâle d’une certaine couleur, la couleur du troupeau va avoir tendance à s’homogénéiser – un avantage, certes, si l’on cherche une seul couleur de toisons, mais un désavantage si on a envie de couleurs variées dans son troupeau. Le troisième désavantage est peut-être le plus difficile à admettre, mais bon ! – il est gentil, il a de beaux yeux, tu sais ! - mais est-il un bon reproducteur ? Est-ce que j’ai fait une erreur de jugement dans mon premier élan d’acheteur ? Malheureusement, je crois que souvent les ‘débutants’ font cette erreur, et il faut le dire : c’est une erreur qui peut coûter cher – pas seulement le prix d’achat mais aussi le temps perdu en attendant le naissance et le développement des crias produits par ce mâle. Ainsi on voit que l’achat d’un reproducteur est quelque chose de très spécial ; c’est le fruit d’une réflexion et d’une expérience . Pourtant, il y a une autre solution pour limiter les risques et pour garder une large palette génétique dans le troupeau : il ne faut pas acheter de reproducteur !
Il y a trois démarches possibles :
J’entends les gens me dire :‘Mais c’est trop loin ; c’est trop cher ; c’est trop compliqué’ ; et tout ce que je peux leur dire est que la ‘complication’ est vite oubliée, quand l’on considère le plaisir qu’il y a à rechercher et choisir son reproducteur, à rencontrer d’ autres éleveurs et à collaborer avec eux, et quand finalement après cette longue attente (11 mois et demi !) on voit le résultat : peut-être la naissance chez soi de SON ‘reproducteur parfait’. Les lamas et alpacas voyagent facilement. Les américains, les anglais, les australiens sillonnent leurs pays pour permettre à leurs animaux de faire des rencontres fructueuses. Changeons nos habitudes ; faisons tout, à notre manière, pour améliorer la qualité de nos élevages ! Ecrit par Gillian Howard-Evieux pour Lamas et Alpagas Magazine, Eté 2005
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